Le Syndrome d’Ehlers-Danlos est une maladie génétique multi-systémique touchant les tissus conjonctifs du corps humain et plus précisément le collagène. Ceci signifie qu’elle affecte plusieurs systèmes de l’organisme. Les patients atteints de ce syndrome présentent alors différents symptômes tels que les douleurs, des luxations répétées dues à une hyperlaxité des articulations, une hyper-élasticité de la peau et bien d’autres.
Je me suis intéressée à cette maladie car je suis concerné de près par elle. Je me suis rendu compte que peu de personnes, que ce soit dans le monde médical ou public, connaissaient cette maladie. Elle est alors très tardivement diagnostiquée et entraine une errance médicale de plusieurs années. Les personnes atteintes de ce syndrome ne comprennent pas d’où viennent leurs douleurs et sont laissées au dépourvu. Quand elle est diagnostiquée, les professionnels spécialisés soignent symptomatiquement les différents signes que présente le patient. Et pour les cas les plus sévères, cette médication ne suffit plus.
C’est pourquoi , je me suis demandé si l’on pouvait aider les personnes atteintes du SED dans le but d’améliorer leurs quotidiens que ce soit pour les douleurs (largement présente dans le SED) mais aussi pour d’autres troubles tels que les reflux, les troubles respiratoires ou la fatigue chronique.
Le traitement ostéopathique
Il est préférable de choisir certaines manipulations ou mobilisations ostéopathiques douces et mesurées car d’autres, plus amples peuvent être interdites du fait de ce qu’implique la maladie au niveau physique.
Le praticien privilégiera un traitement uniquement fonctionnel car de nombreuses contre-indications ont été établies sur les techniques structurelles. Les techniques structurelles impliquent d’amener l’articulation dans de grandes amplitudes, elles peuvent causer des luxations par la suite. Cette pratique peut être utilisée avec le plus grand soin et le plus grand contrôle afin de ne pas dépasser le mouvement permis par l’articulation traitée.
L’approche ostéopathique utilisée est la fasciathérapie ou d’autres techniques, dites « fonctionnelles » qui utilisent seulement les tissus mous et qui ne mobilisent pas les différentes parties du corps avec des degrés de mouvements trop élevés.
De plus, cette approche est intéressante car cette maladie touche principalement le collagène et l’élastine qui se trouve dans tous nos tissus. Ainsi en travaillant en « profondeur » les fascias, nous pouvons aider au rétablissement du corps et soulager les contraintes entrainées par le tissu conjonctif.
L’OSTÉOPATHIE STRUCTURELLE (avec beaucoup de précautions)
Ces pratiques ostéopathiques sont peu recommandées car ce sont justement les techniques qui craquent, aussi appelées HVBA ou « cracking ». Ce sont des techniques directes sur les articulations (haute vélocité basse amplitude). Habituellement il n’y a pas de déplacement des surfaces articulaires mais uniquement un mouvement bref qui permet d’envoyer une information neurologique à l’articulation et lui redonner une information de mouvement. En bref, la manipulation donne une information au corps qui se réadapte tout seul.
Le problème est que, dans le SED, l’hypermobilité fait que ces techniques peuvent devenir dangereuses si elles ne sont pas parfaitement contrôlées et adaptées, en effet, au lieu de provoquer un simple crack inoffensif habituellement, ces techniques peuvent provoquer des subluxations de l’articulation, pouvant aller jusqu’à la luxation complète si le thérapeute ne respecte pas les tissus.
Le second risque avec ces manipulations est le risque hémorragique, il concerne plus précisément le SED vasculaire. Lors des manipulations cervicales (mais aussi lombaires) il y a un risque que la mise en tension de l’articulation provoque une déchirure au niveau des artères qui sont particulièrement fragiles et exposées à ces endroits. Ce sont les deux principaux risques concernant ces manipulations.
Il est donc essentiel d’effectuer, au préalable, un diagnostic ostéopathique complet et précis qui orientera la traitement.
LES TECHNIQUES NEUROMUSCULAIRES, D’INHIBITIONS, POINTS GÂCHETTE (DÉCONSEILLÉES)
Ces techniques ne présentent pas de réel danger, ce sont des techniques qui consistent en des appuis importants de la pulpe des doigts. Le risque principal de ces techniques est de provoquer des bleus ou même des égratignures minimes sur notre peau fragile. Elles peuvent également être douloureuse compte tenue de notre peau à la sensibilité exacerbée. Mais elles ne présentent pas de véritables risques pour la santé, elles peuvent donc être utilisées mais avec modération.
LES TECHNIQUES VISCÉRALES
Les techniques viscérales sont également séparées en techniques viscérales structurelles ou techniques viscérales fonctionnelles, ce sont des techniques qui agissent sur le système digestif. Elles ne présentent pas spécialement de contre-indications.
LES TECHNIQUES MYOTENSIVES (DES PRÉCAUTIONS SONT À PRENDRE)
Dans les techniques myotensives, aussi appelées EM (énergie musculaire), le patient participera activement à la technique où le praticien demande un mouvement précis au patient (contre résistance) afin de corriger une dysfonction, l’effet est le même que dans les techniques HVBA, une information neurologique est envoyée qui permet au corps de s’autoréguler. C’est ici à vous de prendre les précautions, ces techniques ne sont pas une démonstration de force, le but n’est pas de montrer à votre praticien qui est le plus fort, si cela est douloureux, ne poussez pas fort et soyez à l’écoute de votre corps et de votre praticien qui vous guidera.
LE TOG (CONSEILLÉ)
Le TOG ou Traitement Ostéopathique Général, ce sont des techniques rythmiques basées sur la répétition et indolores, elles consistent souvent en des mouvements de rotation ou de compression/décompressions au niveau articulaire. Elles sont particulièrement agréables dans le traitement des douleurs articulaires (par exemple l’arthrose), mais peuvent aussi être utiliser pour favoriser le retour veineux ou lymphatique ou relancer le système digestif. Elles sont sans danger dans la prise en charge du SED.
LES TECHNIQUES FONCTIONNELLES (CONSEILLÉES)
Aussi appelées technique de fascia, fascia thérapie, techniques biodynamique, techniques myofasciales, elles regroupent également l’ostéopathie crânienne. Ce sont des techniques très douces qui consistent en un appui léger des mains, ces techniques sont 100% indolores, il est par contre normal et courant d’avoir un sentiment d’oppression lors de certaines techniques (principalement au niveau du thorax, parfois au niveau du crane). Ce sont des techniques qui agissent sur le tissu conjonctif et justement, le SED est une atteinte de ce même tissus conjonctif, ce sont donc les techniques parfaites pour nous. Elles ne présentent absolument aucun danger et d’une façon générale connaissent très peu de contre-indications.
CE QUE L’OSTÉOPATHE PEUX FAIRE POUR VOUS.
L’ostéopathe ne traite pas que les douleurs musculo-squelettiques (mal de dos ou aux articulations). Voici une liste non-exhaustive des indications de l’ostéopathie applicables au SED :
- Les migraines
- La fatigue physique ou morale ainsi que les insomnies
- Les problèmes digestifs : constipation, diarrhée, nausée, vomissements, ballonnements, maux de ventre.
- Les vertiges et acouphènes
- Les problèmes d’ATM (machoire) : difficultés à l’ouverture ou fermeture de la bouche, les douleurs à la mastication, le bruxisme (grincement des dents la nuit)
- Les problèmes uro-génitaux : incontinence, dyspareunie (douleur aux rapports sexuels), troubles du cycle (dysménorrhée, aménorrhée, métrorragie), douleurs ovariennes.
- Troubles respiratoires : essoufflements, sensation de gène, de blocage.
