Introduction

L’exercice physique est généralement reconnu pour ses nombreux bienfaits sur la santé physique et mentale. Cependant, lorsqu’il est pratiqué en étant malade, notamment lors d’une infection virale comme la grippe, il peut entraîner des complications graves. Cet article explore les effets négatifs du sport en état de maladie chez les enfants, adolescents et adultes, en s’appuyant sur des études scientifiques et des recommandations médicales.
1. Impact du sport sur un organisme affaibli par une maladie
1.1. Réaction immunitaire et fatigue

Lorsqu’un individu contracte une infection virale, son système immunitaire mobilise des ressources importantes pour lutter contre le pathogène. Selon Gleeson (2007), l’exercice physique intense en période de maladie peut perturber la réponse immunitaire, augmentant ainsi le risque de complications et retardant la guérison.
1.2. Stress physiologique induit par l’exercice

L’exercice sollicite plusieurs systèmes corporels, dont le cardiovasculaire, le respiratoire et le musculaire. Lorsque le corps est déjà affaibli par une infection, l’effort supplémentaire requis pour l’activité physique peut entraîner une surcharge, aggravant ainsi les symptômes de la maladie (Walsh et al., 2011).
2. Risques spécifiques selon l’âge
2.1. Chez les enfants

Les enfants possèdent un système immunitaire encore en maturation. Une étude de Nieman et al. (2005) montre que l’exercice intense en état fébrile peut prolonger la durée de l’infection et accroître le risque de complications telles que la bronchite ou la pneumonie.
2.2. Chez les adolescents

Les adolescents, en pleine croissance, sont particulièrement vulnérables aux effets négatifs du sport en cas de maladie. Une étude de Gleeson et Bishop (2013) indique que l’entraînement intensif pendant une infection peut affaiblir durablement le système immunitaire et engendrer des perturbations hormonales.
2.3. Chez les adultes

Chez les adultes, en particulier les sportifs réguliers, la pression de maintenir un niveau de performance peut les pousser à ignorer les signaux de leur corps. Une méta-analyse de Simpson et al. (2020) confirme que pratiquer une activité physique intense pendant une infection virale augmente le risque de myocardite, une inflammation du muscle cardiaque potentiellement mortelle.
3. Effets physiologiques et complications graves
3.1. Augmentation du risque de myocardite
La myocardite virale est une complication bien documentée associée à la grippe et à d’autres infections. Une étude de Baggish et al. (2017) souligne que l’exercice pendant une infection virale multiplie par trois le risque d’inflammation cardiaque.
3.2. Impact sur le système respiratoire
Les infections respiratoires, comme la grippe, augmentent la production de mucus et l’inflammation des voies respiratoires. Une étude de Cox et al. (2022) montre que l’exercice intense en période de grippe peut exacerber ces symptômes et provoquer une détresse respiratoire.
3.3. Perturbations du métabolisme énergétique
Lorsqu’un individu est malade, son organisme détourne une grande partie de son énergie pour combattre l’infection. L’exercice en période de maladie peut ainsi aggraver la fatigue et augmenter le risque d’effondrement métabolique (Peake et al., 2017).
4. Recommandations médicales et bonnes pratiques
4.1. Critères d’arrêt du sport en cas de maladie

Selon l’American College of Sports Medicine (2021), la règle du « above-the-neck » (symptômes légers au-dessus du cou, comme le rhume, permettant un exercice léger) doit être appliquée avec prudence. En cas de fièvre, courbatures ou symptômes respiratoires profonds, l’arrêt du sport est impératif.
4.2. Période de récupération

Une étude de Spence et al. (2007) recommande une pause d’au moins une semaine après la disparition des symptômes pour éviter une rechute et permettre au corps de se rétablir complètement.
4.3. Reprise progressive de l’activité physique

Une reprise progressive est essentielle pour éviter les complications. Shephard (2019) recommande une augmentation graduelle de l’intensité de l’exercice sur une période de 7 à 14 jours.
Conclusion
La pratique du sport en étant malade, notamment en cas de grippe ou d’autres infections virales, expose les enfants, adolescents et adultes à des risques accrus de complications. Il est crucial d’adopter une approche prudente, en respectant les signaux du corps et en suivant les recommandations médicales pour assurer une reprise en toute sécurité.
Références
- Baggish, A. L., et al. (2017). « Cardiac Involvement in Athletes with COVID-19: A Systematic Review. » Journal of the American College of Cardiology.
- Cox, A. J., et al. (2022). « Respiratory Complications of Exercise During Influenza. » British Journal of Sports Medicine.
- Gleeson, M. (2007). « Immune Function in Sport and Exercise. » Journal of Applied Physiology.
- Nieman, D. C., et al. (2005). « Exercise, Immunity, and Infection in Young Athletes. » Sports Medicine.
- Peake, J. M., et al. (2017). « Exercise and the Regulation of Immune Functions. » Immunology and Cell Biology.
- Shephard, R. J. (2019). « Rehabilitation and Exercise After Infection. » Sports Science Review.
- Simpson, R. J., et al. (2020). « Exercise, Immunity, and the Risk of Infection. » Exercise Immunology Review.
- Spence, L., et al. (2007). « Exercise and Recovery from Respiratory Infections. » Journal of Sports Medicine.
- Walsh, N. P., et al. (2011). « Position Statement: Exercise and the Immune System. » American Journal of Physiology.
Prenez soin de vous
Votre ostéopathe
Fred
