Douleur au dos la nuit

Le mal de dos aussi appelé rachialgie est considéré comme un réel fléau dans notre société. Il peut se manifester par une douleur ou une gêne allant de la base du crâne jusqu’au bassin. La proportion de personnes souffrant par ce que l’on appelle désormais le « mal du siècle » n’a fait qu’augmenter ces vingt dernières années. 

Une douleur de dos peut se manifester à n’importe quel moment de la journée et est particulièrement pénible lorsqu’elle survient la nuit. On regroupe 2 grandes causes de douleur au dos la nuit : les causes inflammatoires et les causes mécaniques.

Si vos douleurs de dos sont accompagnées des signes suivants, veuillez consulter un médecin en urgence :

  • le mal de dos est apparu après un traumatisme (choc, chute, accident sur la route, pratique sportive),
  • les douleurs sont maximales en seconde partie de nuit (2, 3 ou 4h du matin) et empêchent de dormir,
  • des difficultés à bouger un pied ou une jambe,
  • des signes généraux tel que la fièvre, toux, sueurs, faiblesse, vertiges …,
  • si les douleurs sont dans le haut du dos et irradient dans le thorax, bras gauche et éventuellement la mâchoire,
  • des fuites urinaires/ difficultés à uriner/ sang dans les urines de couleur rose ou rouge.

Douleur inflammatoire la nuit

Une douleur de dos la nuit peut être révélatrice d’une inflammation au niveau de la colonne vertébrale. Cette inflammation peut se localiser au niveau d’une articulation, d’un disque intervertébral, d’un ligament ou de l’os. La cause de l’inflammation peut être une dégénérescence des disques intervertébraux, un traumatisme (ex : fracture), une infection, une tumeur ou plus fréquemment une spondylarthrite ankylosante, une hernie discale ou de l’arthrose.

D’un point de vue général, ces causes ont des symptômes communs liés à l’inflammation :

  • douleur qui réveille la nuit (plutôt en 2e partie de nuit vers 4h du matin).
  • sensation de verrouillage ou d’être « rouillé » le matin pendant 30-45 min.
  • diminution des douleurs après prise d’un anti-inflammatoire.
  • la douleur augmente au repos et est soulagée à l’activité physique.

Spondylarthrite ankylosante (SPA) et douleur de dos

La SPA est une maladie inflammatoire articulaire chronique touchant les zones d’insertion des tendons sur les os, et d’origine auto-immune. En plus des symptômes vus précédemment, une spondylarthrite ankylosante pourra engendrer ces symptômes : douleurs « dans la poitrine », orteil ressemblant à une « saucisse-apéritif », douleur au talon, épisodes d’œil rouge, psoriasis et/ou troubles digestifs (type alternance constipation/diarrhée). Des tensions musculaires peuvent se surajouter à cela et sont secondaires à l’inflammation.

Cette maladie reste un diagnostic difficile à établir et de nombreuses personnes restent dans une errance thérapeutique. Le diagnostic repose sur 3 éléments principaux : les signes cliniques, une radiographie standard et une prise de sang (recherche de marqueur de l’inflammation et du gêne HLA B27). Le traitement est principalement médical, allant des anti-inflammatoires, antidouleurs et parfois jusqu’aux infiltrations. Si l’ensemble de ces techniques sont un échec, une biothérapie visant à augmenter la tolérance du système immunitaire peut-être proposée.

Douleur au dos la nuit : hernie discale

La hernie discale correspond à une saillie du disque intervertébral en dehors de sa loge. Les causes principales de la hernie discale sont les efforts répétés et les ports de charge lourdes, augmentant la pression sur le disque qui chasse en arrière. En sortant de sa loge il peut irriter les éléments anatomiques à proximité et créer une inflammation. Ainsi, vous pourrez souffrir, en plus des signes communs, de symptômes tel que : douleur à la toux/défécation/rire/éternuement, douleurs lancinantes dans les bras et/ou les jambes, sensation de fourmillements/picotements/engourdissement dans les bras et/ou jambes, troubles de la miction/défection et une diminution de la force musculaire (stade grave où il faut consulter en urgence).

Le diagnostic se fait grâce aux signes cliniques clinique et une IRM et le traitement associe le plus souvent un repos lors de la phase inflammatoire, des anti-inflammatoires, des antidouleurs et de la rééducation chez un kinésithérapeute.

Remarque : la plupart des hernies discales se résorbent en quelques mois et n’engendrent pas de complications. 

Douleur au dos la nuit : l’arthrose

L’arthrose correspond à l’érosion du cartilage au sein d’une articulation créant une inflammation de cette dernière. La pression mécanique (port de charge, obésité, etc.) et l’âge en sont les causes principales. L’arthrose peut parfois donner en plus des signes généraux des douleurs lancinantes dans les bras et/ou les jambes, sensation de fourmillements/picotements/engourdissement dans les bras et/ou jambes.

Les signes cliniques suffisent en général pour poser le diagnostic mais vous pouvez demander confirmation par radiographie standard. Le traitement est le même que pour la hernie discale.

Remarque : l’arthrose est une pathologie « dégénérative », ce qui veut dire que l’arthrose s’accentuera avec le temps. Cependant, il est très important de comprendre que ce n’est pas parce que vous avez beaucoup d’arthrose que vous allez nécessairement souffrir ! Une personne peut souffrir atrocement et être à un stade d’arthrose débutant tandis qu’une personne fortement arthrosée peut être asymptomatique !

Douleur mécanique du dos

Les douleurs mécaniques concernent principalement le système musculo-squelettique (muscle, tendon, articulation etc), on parle d’une mauvaise fonctionnalité de ce système, sans qu’il y a réellement d’inflammation et de lésion des structures. Ces douleurs peuvent être causées pas une mauvaise position lors du sommeil, l’utilisation d’un oreiller ou d’un matelas inadéquat.

Quelle position pour dormir ?

Il existe 3 grandes positions pour dormir : sur le dos, sur le côté et sur le ventre. Faisons un résumé des avantages et inconvénients.

  • Sur le dos : c’est ,d’un point de vue médical, la meilleure position pour dormir ! Elle permet de soulager les articulations de la colonne vertébrale grâce à un bon alignement des vertèbres. N’oubliez pas de mettre un coussin de part et d’autre de votre tête pour la stabiliser et limiter l’apparition de torticolis le matin. Il arrive également que ceux dormant sur le dos se plaignent de tension au niveau du bas du dos à cause du creux qui se forme. Pour pallier ce creux, vous pouvez placer un oreiller mou sous vos jambes ou sous le matelas !
  • Sur le côté : la position peut être très confortable pour la colonne si on respecte certains paramètres. Opter pour un oreiller épais qui comblera le creux entre le matelas et votre cou vous permettra de réduire un maximum les tensions articulaires et musculaires de la région du cou et de l’épaule. Glisser un coussin entre vos genoux permettra d’éviter une rotation du bas du dos et du bassin pouvant favoriser des douleurs du bas du dos et du bassin.
  • Sur le ventre : cette position cumul les inconvénients, et est très néfaste pour votre cou. Effectivement, sur le ventre, vous êtes obligé de tourner la tête pour respirer, engendrant une asymétrie de pression favorisant blocages articulaires et contractures musculaires au niveau du cou et des épaules. Son seul avantage est qu’il serait plus facile de s’endormir dans cette position !

Mal au dos : problème de literie ?

Un matelas vieillissant ou un oreiller mal adapté peuvent parfois être les raisons des douleurs de dos la nuit.

  • Oreiller : si vous dormez sur le côté, prenez un oreiller assez épais pour que le sommet de votre tête soit dans l’alignement de votre colonne vertébrale. Si vous dormez sur le ventre, optez pour un oreiller plutôt plat et fin. Enfin si vous dormez sur le dos, la taille et la texture n’ont pas vraiment d’importance. Il est recommandé de changer d’oreiller tous les 5 ans à peu près.
  • Matelas : il est généralement recommandé d’acheter un matelas plus ou moins semi-ferme. N’hésitez pas à les essayer en magasin pour trouver celui qui vous convient, un lit ça se conserve longtemps (10 ans) donc prenez le temps de bien le choisir.

N’oubliez pas qu’il n’existe en réalité pas de règle lorsque on parle de position de sommeil ou de literie. Si vous dormez confortablement dans une position farfelue ou que le matelas est très dur et que cela ne vous gêne pas, gardez vos habitudes ! Ces conseils sont plutôt dirigés vers des personnes souffrant du dos la nuit et qui souhaitent changer leur manière de dormir.

Soulager votre douleur dorsale nocturne : les conseils de l’ostéopathe

En plus de trouver une bonne position pour s’endormir et du bon matériel de literie, vous pouvez agir quotidiennement pour diminuer vos douleurs.

Si vos douleurs sont d’origine inflammatoire, privilégiez le repos lors de crises aigues, vous pouvez également mettre du froid sur la zone douloureuse pour atténuer l’inflammation (jamais à même la peau, mettez un chiffon entre la source de froid et la peau).

Si vos douleurs sont plutôt mécaniquesétirez-vous et mobilisez doucement la zone douloureuse au moins une fois par jour. Faites-le de préférence avant d’aller vous coucher pour augmenter vos chances de passer une bonne nuit de sommeil.

Quelques étirements pour relâcher vos douleurs dorsales nocturnes

Etirements 1 : En position allongé et en gardant la tête collée au sol, agrippez vos genoux et amenez-les en direction de votre poitrine. Gardez l’ensemble du dos plaqué au sol.
Etirement 2 : Allongez-vous à plat ventre. Joignez les pieds jambes tendues sans forcer. Placez les mains de part et d’autre de votre corps, à la hauteur des épaules, les avant-bras posés au sol. Levez lentement le buste. Regardez droit devant vous ou regarder le plafond.
Etirement 3 : En position debout, bras tendus vers le ciel et mains jointes, inclinez le tronc légèrement du côté droit en évitant le pivotement axial du tronc. Faites ensuite le même mouvement du côté gauche.
Etirement 4 : Assis sur une chaise, croisez les jambes (la gauche par-dessus la droite). Placez votre main droite sur le côté de votre genou gauche, bras tendu. Tournez d’abord la tête vers la gauche, puis les épaules et tout le tronc. Gardez le dos droit et les fesses bien à plat sur la chaise. Répétez du côté opposé.

Les étirements sont à réaliser pendant 20-30 secondes de chaque côté. Pensez à bien respirer et à gagner dans le mouvement lors des expirations.

Mobilisation douce : vous pouvez mobiliser l’ensemble de la colonne vertébrale en vous mettant à quatre pattes et faites le dos rond puis le dos creux, et réalisez une vingtaine-trentaine d’aller-retour

L’ostéopathie peut-il aider une douleur de dos nocturne ?

L’ostéopathe va pouvoir être efficace en cas de cause mécanique ! Si la cause est inflammatoire, votre ostéopathe pourra vous accompagner dans votre parcours médical en association avec divers acteurs de santé selon votre cas. Votre ostéopathe aura plusieurs rôles à jouer dans le suivi de votre douleur :

Essayer d’identifier les causes et les facteurs de risques qui pourraient expliquer pourquoi est-ce que cette douleur se manifeste chez vous et pas chez quelqu’un d’autre. Ceci lui permettra d’avoir un suivi personnalisé avec vous et de vous donner des conseils adéquats par rapport à votre situation.

Concernant le traitement ostéopathique, il pourra travailler de manière locale sur les zones douloureuses afin de restituer une bonne vascularisation et une bonne innervation des structures atteintes. Il faut également savoir que de nombreux éléments à distance de cette région peuvent agir sur l’apparition de la douleur, variant selon vos antécédents médicaux et votre manière de vivre au quotidien. Ces éléments peuvent se situer n’importe où dans votre corps et peuvent constituer des blocages mécaniques structurels, fasciales, viscérales ou crâniens. Les possibilités sont extrêmement nombreuses selon les patients et c’est à votre ostéopathe d’identifier vos propres zones de blocages pouvant accentuer vos douleurs et les corriger manuellement !

Rentrée scolaire : l’ostéopathie pour prévenir et soulager le mal de dos des enfants

Mis à jour : 2 avr. 2019

la rentrée en bonne forme !

La rentrée est un jour clé pour les futurs écoliers. Outre la préparation à leurs futures études, l’effervescence des nouvelles rencontres, parfois une légère appréhension, ce moment peut s’accompagner de désagréments souvent bénins concernant la santé.

Être en pleine forme et peut-être aussi l’une des clés de la réussite d’une bonne rentrée.

Il est parfois intéressant, en préambule de cette rentrée, de prévoir un bilan qui s’inscrira dans une préparation active aux échéances qui se dessinent pour l’élève.

Une période importante de la vie

L’ enfant entre 2 et 16 ans est en perpétuel développement. Cette période va conditionner l’évolution physiologique et fonctionnelle de sa future vie d’adulte. Pour cela, l’approche de la rentrée scolaire est une période idéale pour prendre en compte cette l’évolution. Sa croissance physique et son développement intellectuel et psychique vont lui demander une grande quantité d’énergie. Énergie qui sera ce d’autant plus sollicitée lors d’activités intellectuelles, artistiques ou sportives à l’école.

Stress lié à la rentrée

Les enfants peuvent parfois se plaindre d’oppressions thoraciques ou tachycardies fonctionnelles (ou le cœur qui s’emballe). On parle de signes « fonctionnels » c’est-à-dire qu’il n’y a pas de pathologie sous-jacente et donc peuvent être soignés en ostéopathie. Pour soigner en ostéopathie les oppressions thoraciques et les tachycardies fonctionnelles, un diagnostic sur l’ensemble du corps sera effectué pour trouver et libérer les zones de blocages dans le corps qui sont à l’origine de ces symptômes.

Consulter un ostéopathe en amont ou durant la rentrée est un facteur de bien être pour l’enfant.

Rentrée scolaire

L’ostéopathie pour prévenir et soulager le mal de dos des enfants

Chaque année, au moment de la rentrée des classes, ressurgit le problème des cartables trop lourds. Malgré la directive du Ministère de l’Education Français de limiter à 10% du poids de l’enfant le poids du cartable, celui-ci, notamment chez les collégiens, dépasse régulièrement le poids admissible. Les parents d’élèves, les professionnels de santé ont beau alerter et s’alarmer, les choses ne changent pas. Quelques semaines après la rentrée les enfants peuvent se plaindre de douleurs vertébrales, musculaires, parfois de maux de tête et souvent de fatigue. Une solution pour les aider : l’ostéopathie.

Une séance au moment de la rentrée, en prévention, c’est la garantie que votre enfant pourra commencer son année scolaire dos équilibré et apte à subir les contraintes de la vie quotidienne des élèves. C’est aussi le moment de faire un bilan complet pour la pratique des activités sportives. L’ostéopathe, après un diagnostic précis, libèrera, par des gestes doux et adaptés, les tensions articulaires, musculaires, ligamentaires accumulées par l’enfant au cours des mois précédents. Il redonnera mobilité et liberté aux tissus du corps et lui permettra une meilleure adaptabilité. Aller voir un ostéopathe au début de l’année scolaire c’est donner à son enfant les meilleures chances de passer l’année sans douleur.

Mal de dos des enfants

Bien que les enfants aient des tissus souples et adaptables, plus des 2/3 d’entre eux, âgés de 10 à 15 ans se plaignent de douleurs vertébrales. Les cartables trop lourds, les rythmes scolaires soutenus, le stress, les troubles de la croissance, les traumatismes de la vie courante et du sport en sont principalement la cause. L’ostéopathie soulage et prévient ces troubles. Parents, à la rentrée ayez le bon réflexe : prenez rendez-vous chez l’ostéopathe.

Ostéopathie et dépression

Le trouble dépressif concerne 15% à 20% de la population générale. L’ostéopathie peut-elle s’inscrire dans la prise en charge de la dépression ?

Qu’est-ce que la dépression ?

La dépression se caractérise par une association de symptômes, différente d’une personne à l’autre. Dans tous les cas, ces symptômes, plus ou moins sévères, sont présents presque chaque jour, durent au moins deux semaines, sont source de détresse et ont un retentissement professionnel, social et familial. On parle d’épisode dépressif.

Quels sont les signes de la dépression ?

Lors d’un état dépressif, la personne se plaint d’au moins deux symptômes parmi ceux-ci : une tristesse constante, un abattement et une perte d’intérêt et de plaisir pour des activités du quotidien, une réduction de l’énergie ou une fatigabilité anormale. D’autres troubles peuvent être constatés : dévalorisation de soi, perte de l’appétit…

Diagnostic de la dépression

Le médecin ou psychologue peut utiliser des outils d’évaluation (questionnaires) pour poser le diagnostic d’épisode dépressif caractérisé. Il existe également un autoquestionnaire que le patient dépressif peut utiliser pour mieux formuler ses plaintes. Le médecin recherche l’existence d’une maladie associée et interroge la personne sur son passé et celui de sa famille. Si elle l’accepte, le médecin peut s’entretenir avec certains de ses proches.

Évaluation et prévalence de la dépression

Le professionnel évalue la sévérité de l’épisode dépressif : l’intensité de celui-ci, le retentissement sur la vie familialequotidienne et professionnelle, le risque suicidaire, la présence d’autres manifestations psychologiques associées (hallucinations, idées délirantes). 15%-20% de la population générale, connaitra à un moment ou un autre de sa vie,un trouble dépressif caractérisé. Les population jeunes (15-44 ans) sont les plus touchés. Ceci  a tendance à diminuer avec l’âge.

Traitement de la dépression

Il existe différents types de traitements. Le traitement le plus fréquent reste la psychothérapie portant un intérêt aux émotions et au comportement pour changer la vision de soi du patient. Le traitement médical a recours aux antidépresseurs. Ces deux thérapies empêchent les rechutes. D’autres traitements, comme la luminothérapie et l’électroconvulsivothérapie, sont efficaces pour les cas sévères de d’épisode dépressif majeur mais n’empêchent pas le risque de rechute.

L’ostéopathie est-elle efficace pour traiter la dépression?

Il existe peu d’études portant sur l’ostéopathie et le trouble dépressif. Celles publiées tendent à montrer une inefficacité des traitements. Cependant une étude non publiée portant sur l’impact d’un traitement fascial du foie et des structures environnantes sur la dépression laisse entrevoir des résultats positifs malgré de nombreux biais. Il manque donc d’autres études rigoureuses pour conclure de l’influence même si les résultats actuels sont peu concluants.

Consultez votre ostéopathe, il essayera de vous aider en rendant de la mobilité à votre corps.

Ostéopathie et névralgie pudendale

La prévalence de la névralgie pudendale est inconnue. On observe toutefois une prédominance féminine. Face à cette affection, l’ostéopathie est-elle un moyen thérapeutique pour soulager le/la patient(e)?

Rappel anatomique du nerf pudendal

Le nerf pudendal est la branche terminale du plexus pudendal. Il s’agit d’un nerf mixte qui constitue le nerf principal du périnée, l’ensemble musculaire de la paroi inférieure du pelvis fermant le détroit inférieur. À noter que le nerf pudendal nait de la troisième racine sacrée et reçoit de surcroît des contingents de neurofibres des racines sus- et sous-jacentes (S2/S4 voire S5).

névralgie pudendale ostos ostéopathie
Nerf pudendal (crédits : Wikipédia)

Définition de la névralgie pudendale

Comme le souligne orphanet, la névralgie pudendale est une “neuropathie périphérique acquise rare, caractérisée par une douleur neuropathique chronique touchant la région sensorielle du nerf pudendal (région périnéale, entre les organes génitaux et l’anus), aggravée en position assise et dont la cause organique n’a pu être identifiée par des examens d’imagerie ni des analyses en laboratoire. Elle s’accompagne également souvent d’un dysfonctionnement pelvien“.

Les points de conflit du nerf pudendal

On décrit la névralgie pudendale pour la première fois en 1987. Elle est souvent en lien avec une compression du nerf sur son trajet à différents passages. Celle-ci peut être due soit à un conflit avec les ligaments sacro-tubéraux et sacro-épineux, soit dans la fossette ischiorectale, notamment au niveau de l’enveloppe fibreuse autour du muscle obturateur interne ou encore d’une neuropathie/d’un syndrome douloureux régional dont la physiopathologie est multifactorielle.

Symptômes de la névralgie pudendale

Les douleurs de la névralgie pudendale sont à type de paresthésies ou de brûluresspontanéespermanentes. Le siège est périnéal et elles irradient vers la vulve, le scrotum et l’anus. Les douleurs peuvent irradier aussi vers la face interne des cuisses, les ischions et les fesses. A noter que ces douleurs apparaissent surtout en position assise.

Critères diagnostiques de la névralgie pudendale

Le diagnostic de la névralgie pudendale se fait principalement avec les critères de Nantes (1) le siège de la douleur correspond au territoire du nerf pudendal, (2) la douleur survient en position assise, (3) l’absence de douleur nocturne, (4) la normalité de l’examen clinique neurologique du périnée ainsi que (5) la positivité du bloc anesthésique. Par la suite ces critères peuvent être appuyés par échographie-dopplerradiographiescintigraphie osseuse ou IRM pour déterminer la zone du conflit.

Prise en charge médicale

Le traitement médicamenteux associe des antalgiques (tramadol), des antidépresseurs et des antiépileptiques pour agir sur les douleurs neuropathiques. Cependant, du fait d’une efficacité parfois insuffisante et d’effets indésirables importants, une prise en charge pluridisciplinaire associant rééducation et kinésithérapie est recommandée. D’autres alternatives peuvent être envisagées avant la chirurgie, notamment une infiltration au niveau du point de conflit.

Prise en charge ostéopathique

À ce jour, peu d’études portant sur l’impact d’un traitement ostéopathique sur la névralgie pudendale ont été publiées. Ainsi, une étude prospective rapporte que 10 des 12 patients estiment avoir été soulagés par le traitement ostéopathique. Pour prendre un autre exemple, plus récemment, une étude de cas rapporte des effets bénéfiques sur la douleur et la fonction pelvienne suite à une prise en charge ostéopathique chez une patiente dont le traitement médicamenteux a échoué.

Consultez votre ostéopathe, il peut essayer de vous soulager.

L’ostéopathie pour soulager la névralgie d’Arnold?

La névralgie d’Arnold est un phénomène de santé méconnu. Elle se manifeste généralement par des douleurs au niveau du cou et d’une partie du crâne. L’ostéopathie peut-elle agir sur cette pathologie et en soulager les symptômes?

Le nerf d’Arnold

Le nerf d’Arnold ou nerf grand occipital naît de la racine nerveuse postérieure de C2. Il innerve la peau de la majeure partie de la portion postérieure du scalp. Ce nerf innerve également les muscles de la face postérieure du cou (grand oblique, splénique grand et petit complexes). Il a été décrit pour la première fois en 1834 par l’anatomiste Friedrich Arnold.

Schéma du nerf d'Arnold ou nerf grand occipital
Nerf d’Arnold Credits to : 1. Choi I, Jeon SR. Neuralgias of the Head: Occipital Neuralgia. J Korean Med Sci. 2016

La névralgie d’Arnold

Selon l’International Headache Society, la névralgie d’Arnold est une céphalée paroxystique unilatérale d’origine cervicale secondaire à une irritation ou une compression du grand nerf occipital et/ou du petit nerf occipital provoquant une douleur sur les dermatomes de ces derniers.

Épidémilogie et étiologie de la névralgie d’Arnold

Malgré une incidence mal déterminée de la pathologie, une étude néerlandaise rapport que la névralgie d’Arnold semble affecter 3,2 personnes pour 100 000 habitants. La névralgie d’Arnold représenterait 8,7% des névralgies d’origine cervicale et 90% des névralgies d’Arnold concerneraient le nerf grand occipital. Une irritation du nerf grand occipital et/ou du nerf petit occipital par une contracture chronique des muscles et/ou une arthrose de la colonne cervicale supérieure est souvent impliquée.

Symptômes et diagnostic de la névralgie d’Arnold

Les patients souffrant d’une névralgie d’Arnold décrivent une douleur lancinante qui irradie dans le crâne. La douleur est persistante et paroxystique  avec une topographie variable (dû aux anastomoses des nerfs occipitaux). Certains patients peuvent ressentir une douleur rétro-orbitaire ou ressentir une douleur oculaire/déficience visuelle, des acouphènes, étourdissements, nausées ou encore une congestion nasale. Il convient d’éliminer d’autres causes avant de poser le diagnostic de névralgie d’Arnold.

Prise en charge médicale et chirurgicale de la névralgie d’Arnold

Les anti-inflammatoires non-stéroïdiens et les injections d’agent anesthésique local semblent avoir un effet transitoire. Le traitement médical peut inclure des anti-dépresseurs ou des opioïdes. L’injection de toxine botulique peut soulager la douleur aiguë et améliorer la qualité de vie pendant plusieurs mois. Si aucun effet du traitement médical n’est observé, les patients peuvent avoir recours à la chirurgie (neurolyse, stimulation nerveuse occipitale).

L’ostéopathie pour traiter la névralgie d’Arnold

A notre connaissance, peu d’études mêlant ostéopathie et névralgie d’Arnold semblent exister. Dans un article publié en 2013, une équipe mentionne l’effet non conclusif de la manipulation vertébrale pour le traitement de la névralgie d’Arnold. Fort heureusement, l’ostéopathe a d’autres techniques à sa disposition pour réaliser ses traitements.

Plus récemment, une étude espagnole  semble indiquer l’effet bénéfique d’une prise en charge ostéopathique en complémentarité d’une prescription d’orthèses plantaires pour le traitement des patients souffrant d’une névralgie d’Arnold. Quoiqu’il en soit c’est un sujet qui mériterait qu’on lui accorde des recherches rigoureuses.

D’une manière plus pragmatique, lors de la consultation, l’ostéopathe va dans un premier temps déterminé la cause d’apparition de la douleur ainsi que les différents potentiels points de conflit sur le trajet du nerf d’Arnold. A partir de ces précieuses informations, il va pouvoir élaborer un plan de traitement afin de réduire les symptômes douloureux et améliorer la mobilité du corps.

L’ostéopathie pour accompagner la grossesse, soulager la maman en rendant une mobilité globale.

Pour reprendre la définition du Larousse, la grossesse correspond à « l’ensemble des phénomènes se déroulant entre la fécondation et l’accouchement, durant lesquels l’embryon, puis le fœtus, se développe dans l’utérus ».

Les troubles durant la grossesse

Tout au long de la grossesse les femmes enceintes font face à de nombreux troubles : lombalgiesaltérations du transitrefluxpubalgies, etc. Ainsi, on estime que 11% à 38% des femmes enceintes souffrent de constipation. Tandis que 40% à 50% des femmes enceintes ont connu des lombalgies (prévalence au plus haut au 3e trimestre). Celles-ci peuvent, dans certains cas, persister après l’accouchement. Que peut apporter l’ostéopathie dans le parcours de santé de la femme enceinte ?

Considérations cliniques

Lors de votre consultation, l’ostéopathe aura différents objectifs en fonction de l’avancée de votre grossesse. D’une manière générale, votre thérapeute s’assurera de la bonne mobilité lombo-pelvienne ET générale ainsi que d’une fonction optimale du diaphragme.

Dans les premiers mois de la grossesse, le but de l’ostéopathe « sera de vérifier et valoriser les capacités d’adaptation de la patiente à l’expansion globale générée par la grossesse. »

En deuxième partie de grossesse, l’ostéopathe cherchera à préparer le corps aux contraintes liées à l’accouchement.

L’ostéopathie peut-elle accompagner la grossesse ?

A notre connaissance, il semble exister peu de revues de littérature sur les effets de l’ostéopathie chez la femme enceinte. La plus récente est une étude allemande datant de 2017 qui a examiné 5 essais cliniques randomisés (ECR) sur la lombalgie de la femme enceinte et 3 ECR sur la lombalgie du post-partum.

L’étude a trouvé des preuves modérées de l’effet bénéfique d’une intervention ostéopathique chez les femmes enceintes souffrant de lombalgies sur la douleur et l’état fonctionnel.

L’ostéopathie en fin de grossesse

Dans son article dans le JAOA  de 2012, J. Lavelle, ostéopathe DO, étend le champ d’action de l’ostéopathie chez la femme enceinte à d’autres motifs. L’ostéopathie serait en mesure de faciliter et d’écourter le travail, d’avoir moins recours au forceps et d’améliorer le drainage lymphatique et veineux (sans que cela ne soit prouvé).

Certains ostéopathes hypothétisent sur les mécanismes à l’origine de ces changements. Ainsi, les interactions entre les viscères et les structures musculo-squelettiques seraient responsables du travail facilité, le système nerveux sympathique pourrait être un vecteur pour agir sur le système cardiovasculaire et des techniques sur le diaphragme pourrait décongestionner le système veineux.

Consultez votre ostéopathe, votre bébé et vous n’irez que mieux.

Ostéopathie et sommeil

Le sommeil fait partie des besoins vitaux de chaque individu. Il est une phase de récupération indispensable. La moyenne de temps de sommeil se situe entre 7 et 8 heures, mais demeure spécifique à chaque individu. Cela peut varier de 5 à 6 heures pour les “petits dormeurs” et de 9 à 10 heures pour les “gros dormeurs”. L’ostéopathie peut-elle avoir des bénéfices sur la qualité du sommeil?

Les cycles du sommeil

Chaque nuit se compose de plusieurs phases. On discrimine la phase de sommeil lent léger, la phase de sommeil lent profond et le sommeil paradoxal. C’est au cours de cette dernière que nous rêvons. En une nuit, un individu réalise entre trois et cinq cycles. Chaque cycle dure en moyenne 90 minutes.

Chronobiologie et horloge interne

Les phases du sommeil sont gérées par votre rythme circadien (horloge interne) qui suit un cycle d’une durée de 24 heures. Le sommeil, à l’instar de presque toutes les fonctions biologiques sont soumises à ce rythme.  L’horloge interne est resynchronisée en permanence sur un cycle de 24 heures par des agents extérieurs qui agissent simultanément. Le plus puissant d’entre eux est la lumièreL’activité physique et la température extérieure jouent aussi un rôle, mais bien plus modeste.

Le manque de sommeil

Pour juger de la qualité du sommeil le critère essentiel est l’état de la personne au réveil. Si l’individu se lève fatigué, il est possible que son sommeil ne soit pas réparateur. En France, 1 personne sur 3 est concernée par un trouble du sommeil. 45% des 25-45 ans estiment qu’ils dorment moins que ce dont ils ont besoin. Les conséquences incluent une augmentation du risque de maladies cardiovasculairesd’obésité, de cancer, de diabèted’accidents  et possiblement de dépression.

Améliorer la qualité de son sommeil

Pour savoir quand aller dormir, il faut prêter attention aux premiers signes de fatigue. Néanmoins, quelques conseils peuvent aider à améliorer la qualité du sommeil : des horaires réguliers de couchers et d’éveil, limite d’écran avant d’aller dormir, une literie convenable, limiter les perturbateurs lumineux et auditifs, favoriser les températures fraiches, instaurer un rituel de sommeil en incorporant de la méditation ou des exercices de cohérence cardiaque, des micro-siestes.

L’ostéopathie a-t-elle un effet sur la qualité du sommeil?

Les thérapies comportementales et cognitives demeurent la prise  en charge la plus efficace et le traitement pharmacologique le plus répandu. Du côté de l’ostéopathie peu d’études sur le sujet semblent avoir été publiées à notre connaissance. Toutefois, mentionnons Cutler et al. qui ont publié en 2005  une étude pilote sur le sujet. D’après les auteurs, les manipulations crâniennes pourraient réduire la latence du sommeil en agissant sur le système nerveux autonome.

L’ostéopathie pour soulager l’intestin ou le colon irritable, qu’en est-il?

Le syndrome de l’intestin irritable ou du colon irritable sont des affections digestives les plus fréquentes et bien trop souvent négligées. L’ostéopathie peut-elle améliorer la qualité de vie des patients qui en souffrent?

Définition

Le syndrome de l’intestin irritable (SII) est une maladie gastro-intestinale chronique et récurrente dont les symptômes et les caractéristiques varient. Cette affection est aussi appelée “colopathie fonctionnelle” ou “syndrome du côlon irritable”.

Prévalence

Environ 10 % de la population est atteinte du SII à un moment donné – environ 200 personnes sur 100 000 reçoivent un premier diagnostic de SII chaque année.

Le syndrome de l’intestin irritable est le trouble fonctionnel intestinal le plus fréquent. Sa prévalence moyenne est de 10 % dans la population générale. La plupart des estimations de prévalence se situant entre 10 % et 15 %. Le SII est plus souvent diagnostiqué chez les personnes âgées de 50 ans ou plus, et il est plus fréquent chez les femmes, avec un rapport femmes-hommes de 2:1 à 4:1.

Symptômes du syndrome de l’intestin irritable

Les symptômes du SII sont des douleurs et une gêne abdominales associées à des modifications du transit intestinal, telles qu’une fréquence accrue des selles, une forme anormale des selles, des efforts pendant la défécation, une urgence à déféquer, une sensation de défécation incomplète, le passage de mucus et des ballonnements.
La maladie est diagnostiquée à l’aide des critères de Rome (I-IV), un système de classification mondialement reconnu. Les personnes atteintes du SCI ont tendance à présenter des déficiences fonctionnelles importantes, des niveaux d’invalidité plus élevés et une qualité de vie limitée.

Causes du syndrome de l’intestin irritable

Les causes du SCI demeurent méconnues. Le stress et la fatigue intense sont des éléments qui peuvent favoriser l’apparition et/ou l’exacerbation des symptômes. La prévalence étant plus importante chez les femmes, la piste des hormones féminines est étudiée, sans preuves pour l’instant. De même, citons les troubles de la motricité intestinale, des anomalies des mécanismes de contrôle de la douleur viscérale au niveau du Système Nerveux Central ou les dysbioses (flore bactérienne perturbée).

Prise en charge conventionnelle

La fréquence et l’intensité des symptômes déterminent le niveau de traitement médical des patients atteints du SII, qui peut aller de l’absence de traitement ou d’un traitement très léger à un traitement d’urgence.

Les thérapies conventionnelles pour les patients souffrant du SII impliquent généralement le système nerveux moteur, sensoriel ou gastro-intestinal central et comprennent la réduction du lactose, la supplémentation en fibres, les agents de charge, les laxatifs, les antispasmodiques, les antibiotiques, les interventions psychologiques ou les antidépresseurs.

Alors que les antispasmodiques, les interventions psychologiques et les antidépresseurs ont montré certains avantages dans la prise en charge du SII, la supplémentation en fibres, les laxatifs stimulants et les agents de charge ont montré peu de valeur thérapeutique dans les essais contrôlés randomisés (ECR), bien qu’ils soient souvent utilisés pour la prise en charge de la maladie. En outre, l’efficacité de ces thérapies varie d’une étude à l’autre.

L’ostéopathie pour soulager les symptômes de l’intestin irritable

Deux revues de littérature (l’une en 2014, l’autre en 2015) rapportent que l’ostéopathie peut réduire les symptômes de l’intestin irritable tels que la douleur abdominale, la constipation, la diarrhée et a amélioré de manière générale le bien-être. Aucune étude n’a rapporté d’effets secondaires indésirables graves/statistiquement significatifs.

Ces études ont été menées sans restrictions de techniques ou de protocoles standardisés. Les auteurs spéculent sur le fait que l’approche ostéopathique holistique est plus pertinente dans la gestion des symptômes du SII que les techniques manuelles localisées.

Malgré ces observations, les effets physiologiques sous-jacents au traitement ostéopathique des patients atteints du SII demeurent méconnus. En se basant sur un raisonnement ostéopathique, les auteurs suggèrent que les restrictions de mobilité des viscères pourraient perturber les mécanismes d’autorégulation du corps humain. Ainsi, le traitement ostéopathique aiderait à normaliser l’apport sanguin, lymphatique, l’équilibre neurovégétatif tout en normalisant la mobilité et l’élasticité  des viscères ou du péritoine entourant le viscère.

Ces études semblent indiquer des résultats favorables de de l’ostéopathie pour la prise en charge des symptômes liés à l’intestin irritable.

N’hésitez pas, consultez votre ostéopathe.

Les bébés et l’ostéopathe

Votre bébé souffre de maux de ventre, pleure beaucoup, ne trouve pas le sommeil ? Une séance chez l’ostéopathe peut être une solution pour  votre bébé.

Une naissance difficile, des pleurs inexpliqués, des nuits impossibles… Pourquoi ne pas faire appel à l’ostéopathie ? Faut-il systématiquement le faire ?

Pourquoi choisir un ostéopathe pour son enfant ?

La pédiatrie n’est enseignée dans aucune formation initiale d’ostéopathie. Elle fait l’objet d’une spécialisation ultérieure, après l’obtention du diplôme. Par conséquent, la compétence du praticien ne fait l’objet d’aucun titre spécifique. C’est son éthique qui va lui dicter d’accepter ou non de très jeunes enfants, en fonction de son expérience et de sa spécialisation.

Comment se déroule une séance d’ostéopathie sur un bébé ?

L’entretien avec le parent est capital, puisque l’enfant n’est pas en mesure de s’exprimer. Il occupe la majeure partie du rendez-vous. L’ostéopathe vous interrogera dans le détail sur les circonstances de l’accouchement, les troubles pour lesquels vous consultez, le sommeil de l’enfant, la façon dont il est nourri… Bien entendu, cela ne remplace pas le suivi pédiatrique de votre bébé.

Puis, l’ostéopathe observera longuement l’enfant de la tête aux pieds avant de le toucher. Si son crâne est déformé (plagiocéphalie) à cause d’un mauvais positionnement, d’un torticolis, l’ostéopathe pourra envisager d’intervenir. En revanche, si la déformation du crâne vient d’une soudure prématurée des sutures crâniennes, ce n’est plus du ressort de l’ostéopathe.

Le soin lui-même doit se faire très délicatement, sans effrayer bébé, ni lui faire mal. C’est une prise en main toute en douceur, parfois imperceptible. L’intervention de l’ostéopathe vise à dénouer les tensions, pas à en créer. L’enfant mis en confiance n’a pas de raison de pleurer. Il est possible qu’il pleure immédiatement après, sous l’effet du relâchement opéré. Dans ce cas, il se calme rapidement tout seul.

A chaque phase de la séance, l’ostéopathe vous conseillera sur les bons gestes au quotidien et vous montrera comment aider votre enfant à se calmer seul.

Les indications de l’ostéopathie

Si votre enfant se porte bien, il n’est pas nécessaire de pratiquer un bilan. Albert Debouté considère qu’il ne faut pas s’immiscer de force dans le démarrage de l’enfant. Ce n’est justifié qu’en cas de troubles identifiés. Dans les premiers mois de la vie (0-6 mois environ), une séance d’ostéopathie peut s’avérer bénéfique, si l’enfant rencontre les troubles suivants : 

  • du sommeil
  • de l’agitation
  • de pleurs excessifs
  • des coliques
  • des régurgitations persistantes malgré un lait épaissi

La consultation peut être est longue. Il faut compter plus d’une heure. L’examen initial envisage l’ensemble de l’enfant, de la tête aux pieds. L’observation puis l’interrogatoire du parent sont des préalables aux gestes de soin.

Les déformations anatomiques, des cas à part

Une naissance difficile peut occasionner une déformation du crâne, un torticolis, une asymétrie pelvienne des jambes ou des pieds. Adoptez les bons gestes pour éviter toutes malformations ou anomalies corporelles.

Le couchage, responsable de déformations crâniennes

Le couchage systématique sur le dos, recommandé pour éviter la mort subite du nourrisson, est également responsable de nombreuses déformations crâniennes. Auparavant, l’alternance des positions de couchage, notamment sur le flanc, réalisait naturellement un « modelage » des cartilages du crâne du bébé.

L’autonomie de l’enfant aide à réduire les malformations

Habituellement la plupart des déformations rentrent dans l’ordre quand l’enfant commence à se retourner seul et trouve de nouveaux appuis. Si les craniocéphalies perdurent, cela peut gêner :

  • les yeux : la frontalisation des yeux peut entraîner des problèmes visuels ultérieurs
  • les dents : le maxillaire peut être déformé et impacter la mise en place de la dentition
  • les oreilles : la chronicité de certaines otites (séreuses)
  • la gorge et le nez : des troubles ORL peut aussi s’expliquer par la forme du crâne.

Des déformations orthopédiques à réguler

D’autres déformations orthopédiques (hanches, membres inférieurs, pieds) peuvent être remédiées dans la petite enfance, en accord avec le pédiatre, le kinésithérapeute et en synergie avec d’autres intervenants (orthophoniste par ex.).

L’ostéopathe aide les parents à écouter leur enfant

Si bébé est crispé, agité, sursaute au moindre bruit, est difficile à calmer, dort très peu, cela révèle peut-être des tensions que l’ostéopathie peut dénouer. En observant votre enfant, en vous interrogeant, l’ostéopathe, par son expérience des tout-petits et l’exercice de la patience, vous enseignera comment aider l’enfant à se calmer lui-même. Un ostéopathe spécialisé en pédiatrie pourra vous montrer comment être mieux à l’écoute, rassurer le bébé qui pourra alors se calmer dans un début d’autonomie par rapport à la mère.

Les troubles digestifs chez le bébé

L’alimentation de bébé, tout un art

L’ostéopathe s’attachera d’abord à comprendre de quelle manière vous nourrissez l’enfant. La tétée est-elle trop rapide ? L’angle du biberon permet-il une déglutition correcte ? Ensuite, il travaillera sur les muscles viscéraux, à savoir l’estomac et les intestins pour les détendre et retrouver un péristaltisme (contraction qui permet la progression du bol alimentaire dans le tube digestif) linéaire et non pas spasmodique.

La solution : douceur et gestes au quotidien

Le geste se pratique toujours avec une grande douceur. Il aboutit à une normalisation tissulaire. Les tissus doivent retrouver une bonne mobilité entre eux, le sang circule mieux, les tensions sont dénouées. L’ostéopathe vous conseille dans les gestes quotidiens pour ne pas rompre l’équilibre rétabli par son intervention. Le bienfait se ressent rapidement après la séance. Le but n’est pas de multiplier les séances.

Alors, si votre bébé vous fatigue de façon excessive, s’il démarre mal ou s’ilsouffre de troubles du développement mineurs, pensez à l’ostéopathie. C’est peut-être la solution pour l’aider à (re)trouver son « bien-être ».